Lâcher prise

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« L’art véritable est sans but, sans intention. Plus obstinément vous persévérerez à vouloir apprendre à lâcher la flèche en vue d’atteindre sûrement un objectif, moins vous y réussirez, plus le but s’éloignera de vous. Vous pensez que ce que vous ne faites pas par vous-même ne se produira pas. » – Eugen Herrigel dans « Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc ».

Dans la pratique zen japonaise du tir à l’arc, l’on connaît bien le paradoxe : c’est quand l’archer cesse à tout prix de vouloir atteindre la cible qu’il l’atteint.

Apprendre à accepter ce qui est, c’est apprendre à lâcher prise, à « laisser faire »,  laisser être. C’est développer une confiance fondamentale en la vie.

Nous sommes attachés à toute une série de choses :

  • L’attachement à l’enfance et à la jeunesse : la difficulté de grandir et de vieillir.
  • L’attachement à la vie, à la santé.
  • L’attachement à nos proches.
  • L’attachement à nos biens.
  • L’attachement à nos objectifs.
  • L’attachement à nos croyances et pensées toxiques
  • L’attachement à des épisodes douloureux de la vie

 

Trop vouloir atteindre un but est contreproductif. Il y a trop de peurs, trop de pression, trop de désir. Paradoxalement, l’état d’esprit idéal pour atteindre une cible est de ne pas trop vouloir l’atteindre. Ceci ne signifie pas qu’il faut abandonner tout projet, tout objectif. Mais il s’agit de ne pas trop se mettre la pression pour l’obtenir, ne pas en faire une question de vie ou de mort, apprendre à relativiser.

Nous sommes attachés à des croyances toxiques car elles font partie de notre carte du monde, elles donnent sens au monde et fondent notre identité. Les abandonner représente une menace. Menace de chaos, de non-sens, de perte d’identité. Ces croyances peuvent concerner notre personne (« Je suis coupable », « Je ne suis pas à la hauteur », « Je ne mérite pas d’être aimé(e)…) ou le monde extérieur (« les autres savent mieux que moi », « le monde est dangereux », « les personnes veulent toujours abuser de moi »…).

L’une des croyances répandues consiste à penser que notre bonheur dépend de l’autre ou des circonstances extérieures, à sous-estimer le pouvoir du travail intérieur.

Nous avons souvent tendance à rester fixés à certaines expériences de vie douloureuses. Comme si certains événements insupportables ou non digérés nous engluaient et coloraient toutes nos expériences.

Comme le disent bien Rosette Poletti et Barbara Dobbs dans leur livre « lâcher prise », toutes les grandes traditions spirituelles insistent sur le fait que bien vivre, c’est pouvoir « lâcher prise », …

« L’être humain, chacun de nous, lutte de toutes ses forces pour s’accrocher à ce qui l’entoure. Il s’accroche à ses croyances, à ses façons de voir, à ses principes, à ceux qu’il aime, à ses biens, à sa santé, à ses œuvres, à sa sécurité. Il cherche à contrôler ceux qui l’entourent, à dominer les événements, à influencer le cours de son destin. Investi dans cette quête de contrôle, il perd le calme intérieur, il perd sa sérénité et met toute son énergie à nourrir l’illusion qu’un jour il parviendra à contrôler pleinement sa vie… »

Rosette Poletti et Barbara Dobbs dans « lâcher prise » éditions Jouvence.

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La sécurité de base

La confiance en soi est étroitement liée à notre histoire affective, à la façon dont nous avons été aimés et traités étant enfants.

L’amour maternel est vital, non seulement pour la survie physique du nourrisson mais aussi pour son équilibre psychique, pour la construction de sa personnalité. D’un état où il ne se différencie pas de sa mère, où il fusionne avec elle, le bébé va progressivement réaliser son identité propre. Des carences de soins ou au contraire, un excès de prévenance maternelle (la mère ne parvenant pas à lâcher son bébé, le couvant excessivement, l’empêchant de faire l’expérience structurante du manque) entravent l’autonomisation.

L’amour, des soins adéquats, l’attention de la maman  donnent à l’enfant  une « sécurité de base », capital confiance qui l’accompagnera tout au long de sa vie et lui permettra d’affronter plus sereinement les épreuves.

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