Beauté unique

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Se sentir beau/belle – une histoire de famille…

 

Pour se sentir beau/belle, s’aimer, se sentir séduisant, aimable… un travail sur soi est parfois nécessaire. Ce travail sur soi implique d’aller revisiter notre histoire affective, la façon dont nous avons été aimés et considérés étant enfants.

Les blessures de l’enfance pèsent quelquefois lourdement et à notre insu sur nous. Nous ne réalisons pas toujours à quel point notre histoire familiale a déterminé notre « carte du monde », nos perceptions des choses.

Quand nos parents ont porté sur nous un regard négatif, quand ils n’ont pas su nous sécuriser suffisamment sur notre valeur ayant eux-mêmes connu des difficultés affectives, nous intériorisons ce regard.

Par la suite, il devient difficile de s’aimer et de se considérer positivement. Difficile, mais jamais impossible!

L’une des pistes possibles pour s’aimer et aimer son image est de sortir de la comparaison avec les autres et les standards de beauté imposés par la mode.

Il peut être utile par exemple de faire un travail pour développer son assertivité. Au lieu de se dire « je suis moins beau qu’un(e) tel(le) », « je ne suis pas mince, jeune et grand(e) comme les mannequins », lister nos caractéristiques physiques de manière objective.

Exemple : Je mesure un mètre soixante. J’ai les yeux verts. Les cheveux épais…etcetera

Il s’agit de se reconnaître soi-même et d’apprendre à s’assumer tel que la nature nous a fait.

 

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Confiance en soi et sagesse

 

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Sagesse et confiance en soi

 

Dans son livre « plaidoyer pour l’altruisme », Mathieu Ricard, moine Bouddhiste bien connu, évoque le fait qu’en se libérant de l’Ego, en prenant en considération les souffrances de l’humanité et en développant compassion et sagesse, une confiance en soi très solide s’installe en nous, indépendante des circonstances extérieures.

Il écrit : « Selon le Bouddhisme, dissiper l’illusion de l’Ego, c’est s’affranchir d’une vulnérabilité fondamentale et y gagner une véritable confiance en soi, l’une des qualités naturelles de l’absence d’Ego. En effet, le sentiment de sécurité que procure l’illusion de l’Ego est éminemment fragile. La disparition de cette illusion va de pair avec la prise de conscience de notre formidable potentiel intérieur. Cette prise de conscience engendre une confiance inébranlable que ne menacent plus ni les circonstances extérieures ni les peurs intérieures… »

La sécurité de base

La confiance en soi est étroitement liée à notre histoire affective, à la façon dont nous avons été aimés et traités étant enfants.

L’amour maternel est vital, non seulement pour la survie physique du nourrisson mais aussi pour son équilibre psychique, pour la construction de sa personnalité. D’un état où il ne se différencie pas de sa mère, où il fusionne avec elle, le bébé va progressivement réaliser son identité propre. Des carences de soins ou au contraire, un excès de prévenance maternelle (la mère ne parvenant pas à lâcher son bébé, le couvant excessivement, l’empêchant de faire l’expérience structurante du manque) entravent l’autonomisation.

L’amour, des soins adéquats, l’attention de la maman  donnent à l’enfant  une « sécurité de base », capital confiance qui l’accompagnera tout au long de sa vie et lui permettra d’affronter plus sereinement les épreuves.

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Mieux vaut seul que mal accompagné

« Mieux vaut seul que mal accompagné » nous dit Pierre Gringoire, poète et dramaturge français du XV ème siècle. L’adage, bien connu de tous, n’est pas toujours facile à appliquer!

La solitude fait peur et nous sommes nombreux à la redouter et à la fuir.

Comment se développe la capacité à être seul?

Tout d’abord, dans l’enfance. Du bébé au jeune adulte, devenir autonome est un long apprentissage, non sans écueils.

Winnicott, pédiatre et psychanalyste anglais, s’est beaucoup intéressé à la question de la solitude et de la dépendance, notamment dans son livre « la capacité d’être seul ». Certains adultes s’écroulent quand l’autre n’est plus là, parfois même physiquement (ils tombent ou ont la sensation de tomber).

Pour Winnicott, la capacité d’être seul s’enracine dans le fait d’avoir pu bénéficier dans la prime enfance d’un environnement suffisamment stable, aimant, rassurant. Pour accéder à une certaine autonomie, il faut que l’enfant ait eu « une mère suffisamment bonne ». Dans son livre (la capacité d’être seul), il parle du fait pour le jeune enfant de pouvoir être seul (avoir ses propres activités, sa propre vie psychique) en présence de la Maman. Cette capacité ne se développe qu’en présence d’une Maman suffisamment aimante et rassurante.

Mais rien n’est jamais perdu! Pour les adultes, quand solitude rime avec désespérance, sentiment de non existence, abandon…une psychothérapie peut aider à réparer les blessures affectives de l’enfance.

La thérapeute peut faire office de « mère suffisamment bonne », offrir au patient un cadre rassurant, une présence fiable et bienveillante qui aidera la personne à apprivoiser l’angoissante solitude.

shutterstock_126133007 La capacité d’être seul s’enracine, selon Winnicott (et bon nombre d’auteurs), dans la prime enfance.

Prédiction auto-réalisante

L’on parle de « prédiction auto-réalisante » ou de « prophétie auto-réalisatrice » pour désigner l’influence de nos croyances sur ce qui va effectivement se produire dans la réalité.
Comme le dit Thierry Melchior dans son livre « 100 mots pour ne pas aller de mal en psy » : craindre c’est croire.
Si je crains intensément de rater un entretien d’embauche, de ne pas faire bonne impression, d’avoir l’air ridicule, mes craintes, et donc mes croyances que je ne vais pas paraître à la hauteur, auront un effet sur la situation réelle. Je serai mal à l’aise, confus, tendu…Ma peur d’avoir l’air bête sera tellement forte que je présenterai mes atouts sans grande conviction…Ma manière de me présenter aura un effet sur l’impression produite sur l’employeur. Mes craintes du départ risquent fort bien de se voir confirmées.
La façon dont l’autre me voit a une influence sur la façon dont je me comporte et sur ce que je deviens (surtout dans le cas des enfants dont l’identité est en construction et véritablement forgée par la façon dont ils sont aimés et considérés par leur entourage adulte proche) mais la façon dont je me vois, mes croyances, mes peurs ont aussi une influence prépondérante sur la façon dont l’autre me considère.

Prédiction auto-réalisante en entretien d'embauche

Prédiction auto-réalisante en entretien d’embauche

L’assertivité

L’assertivité c’est la capacité d’exprimer sereinement ses points de vue, besoins & émotions tout en respectant ceux des autres.

Il s’agit d’une attitude apprise qui peut continuer à se travailler tout le long de la vie.

Dans de nombreuses situations relationnelles (par exemple les situations de conflit), l’émotionnel prend le dessus. Au lieu de nous expliquer sereinement, la colère ou la peur, deux émotions instinctives de base, nous submergent.  Nous nous laissons emporter. C’est la voie la plus facile, la plus naturelle. Il s’agit d’une réaction instinctive ou apprise précocement qui se met automatiquement en place.

Dans son livre « Comment apprivoiser son crocodile », Catherine Aimelet-Périssol, médecin et psychothérapeute, parle de cette réaction instinctive comme d’un coup du « crocodile » : elle parle du cerveau reptilien, le siège des émotions instinctives, prenant le dessus et court-circuitant le « cerveau rationnel ».

Nous pouvons, dans une certaine mesure, apprivoiser notre « crocodile ». Par la connaissance de soi tout d’abord, en observant nos réactions émotionnelles, les peurs et les colères qui nous habitent. En revisitant notre histoire, et particulièrement, notre histoire affective…

S’affirmer c’est se différencier, « s’individuer ». Ce processus psychologique de différenciation de soi débute dès les premières minutes de la vie et trouve ses racines dans la relation à notre mère et à notre famille.

Sans l’autre, « je » n’existe pas.

Les racines de l’estime de soi : les toutes premières relations 

Caroline, une femme  d’une trentaine d’années, se plaint de ne pas se sentir exister.

« C’est quoi, ne pas se sentir exister ? ».

Caroline : « c’est difficile à expliquer, ne pas se sentir exister, c’est surtout ne pas oser être soi dans la relation, c’est paniquer dans la relation…Et puis aussi, c’est se sentir vide… »

Caroline a été abandonnée quand elle était enfant. Elle est encore hantée par l’abandon de sa mère.

Selon Winnicott, pédiatre anglais, le sentiment d’identité se construit à partir des soins reçus de la mère. Au début, l’enfant ne différencie pas le soi du non soi, il ne se vit pas comme un être séparé des autres. Il se sent en morceaux, habité par des « pulsions » qui le tiraillent dans tous les sens. C’est progressivement qu’il va acquérir le sens de son identité. S’il reçoit des soins appropriés de sa mère, si la mère est « suffisamment bonne », il passe par un stade de « pensée magique », un stade où il se sent tout puissant. Cette illusion le renforce. Elle stimule ses capacités mentales et lui permettra, plus tard, d’acquérir davantage d’autonomie et de construire une identité solide.

Les enfants confrontés à des carences (abandons, soins inappropriés…) ont souvent une fragilité intérieure : ils s’affirment difficilement et se débattent avec des sentiments de de non valeur  ou de vide. Dans la relation, ils ont souvent peur de l’abandon et ont un besoin énorme d’être rassurés. Ils développent « un faux-self » : ils s’hyperadaptent aux besoins du milieu (en s’oubliant eux-mêmes). Le vrai self est dissimulé pour être protégé. On dit que le self est « clivé ».

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