Confiance en soi et sagesse

 

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Sagesse et confiance en soi

 

Dans son livre « plaidoyer pour l’altruisme », Mathieu Ricard, moine Bouddhiste bien connu, évoque le fait qu’en se libérant de l’Ego, en prenant en considération les souffrances de l’humanité et en développant compassion et sagesse, une confiance en soi très solide s’installe en nous, indépendante des circonstances extérieures.

Il écrit : « Selon le Bouddhisme, dissiper l’illusion de l’Ego, c’est s’affranchir d’une vulnérabilité fondamentale et y gagner une véritable confiance en soi, l’une des qualités naturelles de l’absence d’Ego. En effet, le sentiment de sécurité que procure l’illusion de l’Ego est éminemment fragile. La disparition de cette illusion va de pair avec la prise de conscience de notre formidable potentiel intérieur. Cette prise de conscience engendre une confiance inébranlable que ne menacent plus ni les circonstances extérieures ni les peurs intérieures… »

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Les défenses psychologiques

 

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Chacun se défend comme il le peut!

 

Face aux souffrances de la vie, nous mettons tous en place des défenses psychologiques. L’une de nos défenses est le déni. Le déni, défense psychologique qui consiste à nier ce qui nous déplaît ou ce qui nous semble trop douloureux, ne mène souvent qu’à créer ou à renforcer un problème.

Dans l’exemple suivant, la négation de ses limites et de ses fragilités mène au burn-out, à l’épuisement.

Ariane aime le travail bien fait. Elle se donne à 100% au travail et ne compte pas ses heures. Elle est fort appréciée au sein de l’entreprise où on la complimente pour sa rigueur et pour la qualité de ses prestations. Elle a tellement l’habitude de se concentrer sur les tâches et sur sa productivité qu’elle n’entend plus les signaux de son corps. Elle prête peu d’attention à sa fatigue. En rentrant du travail, mère au foyer, elle se dévoue aux soins des enfants et de sa petite famille adorée. Mais à un moment donné, le corps a atteint ses limites. Il est crevé. Il n’en peut plus. Il dit STOP ! Il est trop exténué pour faire un pas de plus. Tous les efforts d’Ariane pour qu’il travaille de nouveau d’arrache-pied comme auparavant, ne mènent qu’à l’épuiser davantage. C’est le burn-out.

Un autre exemple de comportement défensif concerne la relation aux émotions. Beaucoup de personnes jugent leurs émotions négativement, ne les acceptent pas, les rejettent et, ce faisant, les renforcent.

Julie a des crises d’angoisse. Ces crises sont tellement pénibles qu’elle ne les supporte plus. Elle se juge idiote d’avoir peur sans raison. En plus, elle juge qu’elle devrait déjà être remise depuis longtemps du décès de son père (survenu il y a quatre ans). Souvent, elle se sent abattue et sans but. Les crises d’angoisse surviennent plus particulièrement quand elle se trouve dans les lieux fermés, les tunnels et les métros, quand l’idée grandit en elle qu’aucune issue n’existe. Elle a tout mis en œuvre pour éviter de ressentir cette peur. Elle a peur de la peur. Elle évite de se rendre dans le métro et fait des détours pour éviter les tunnels. Elle a développé ce que les thérapeutes cognitivo-comportementalistes appellent les « stratégies d’évitement ». Si ces stratégies apportent un soulagement momentané, à long terme, elles renforcent la peur.

Dans cet exemple, rejeter les émotions pénibles (la peur), être dans l’aversion (rejeter ce qui nous est désagréable ou douloureux), ne mène qu’à renforcer le problème (la peur) et à limiter la vie de Julie (qui n’ose plus se rendre dans les métros et dans les tunnels).

Lutter contre soi, se crisper contre une douleur redoutée, rejeter ou vouloir directement changer ce qui est pénible demande une énergie considérable. Mieux vaut apprendre à reconnaître, à accepter et à vivre les émotions.

Exercice d’acceptation

Voici une méditation de pleine conscience qui, pratiquée régulièrement, vous permettra de développer l’acceptation et l’attention.

  •  Assurez-vous de ne pas être dérangé pendant au moins 5 minutes.
  •  Installez-vous confortablement et fermez les yeux.
  •  Contemplez ce qui se produit en vous.
  •  Dans quelle position vous trouvez-vous ? Quelles sensations se manifestent à vous ? Certaines parties du corps paraissent-elles plus présentes que d’autres ? Ou plus chaudes ? Plus froides ?
  •  Ressentez-vous l’une ou l’autre tension ? Si oui, que ressentez-vous exactement ? Comment cette sensation évolue-t-elle ?
  •  Si l’une ou l’autre émotion se manifeste à vous, observez-la ! Ne luttez pas contre elle ! Observez son évolution naturelle ! Voyez si le fait de porter votre attention sur elle la modifie !
  •  Observez vos réactions d’aversion et d’attachement, ce que vous ne voulez pas ressentir et ce qu’au contraire, vous voulez vivre ou obtenir.

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L’acceptation

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L’acceptation est le premier pas vers la guérison. Avant de pouvoir changer quelque chose, il faut d’abord l’accepter. Sans acceptation, aucune évolution n’est possible. Accepter, c’est d’abord reconnaître ce qui est. Ensuite, c’est « faire avec » : accueillir, vivre l’expérience qui se présente.

Nous avons tous tendance à travestir légèrement la réalité, à ne pas trop regarder ce qui ne nous plaît pas ou, au contraire, à y rester fixé. Mais si l’on ne prend pas en considération ce qui est, nos sensations, nos émotions, nos limites, nos points de vue, notre histoire, il nous sera impossible de nous épanouir.

S’accepter et accepter la vie telle qu’elle se présente n’est pas facile. Chacun de nous vit des moments difficiles, des épreuves, des émotions douloureuses. Personne n’y échappe. En acceptant de vivre aussi les émotions négatives, nous vivons mieux ! Et nous devenons plus fort !
Attention : il y a une grande différence entre acceptation et résignation. Accepter ce n’est pas se résigner et subir impuissant les coups du sort. Accepter, c’est une façon d’aborder les événements de la vie avec davantage de sagesse.

La méditation de pleine conscience, la sophrologie, l’hypnose…aident à développer l’acceptation.

Lâcher prise

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« L’art véritable est sans but, sans intention. Plus obstinément vous persévérerez à vouloir apprendre à lâcher la flèche en vue d’atteindre sûrement un objectif, moins vous y réussirez, plus le but s’éloignera de vous. Vous pensez que ce que vous ne faites pas par vous-même ne se produira pas. » – Eugen Herrigel dans « Le Zen dans l’art chevaleresque du tir à l’arc ».

Dans la pratique zen japonaise du tir à l’arc, l’on connaît bien le paradoxe : c’est quand l’archer cesse à tout prix de vouloir atteindre la cible qu’il l’atteint.

Apprendre à accepter ce qui est, c’est apprendre à lâcher prise, à « laisser faire »,  laisser être. C’est développer une confiance fondamentale en la vie.

Nous sommes attachés à toute une série de choses :

  • L’attachement à l’enfance et à la jeunesse : la difficulté de grandir et de vieillir.
  • L’attachement à la vie, à la santé.
  • L’attachement à nos proches.
  • L’attachement à nos biens.
  • L’attachement à nos objectifs.
  • L’attachement à nos croyances et pensées toxiques
  • L’attachement à des épisodes douloureux de la vie

 

Trop vouloir atteindre un but est contreproductif. Il y a trop de peurs, trop de pression, trop de désir. Paradoxalement, l’état d’esprit idéal pour atteindre une cible est de ne pas trop vouloir l’atteindre. Ceci ne signifie pas qu’il faut abandonner tout projet, tout objectif. Mais il s’agit de ne pas trop se mettre la pression pour l’obtenir, ne pas en faire une question de vie ou de mort, apprendre à relativiser.

Nous sommes attachés à des croyances toxiques car elles font partie de notre carte du monde, elles donnent sens au monde et fondent notre identité. Les abandonner représente une menace. Menace de chaos, de non-sens, de perte d’identité. Ces croyances peuvent concerner notre personne (« Je suis coupable », « Je ne suis pas à la hauteur », « Je ne mérite pas d’être aimé(e)…) ou le monde extérieur (« les autres savent mieux que moi », « le monde est dangereux », « les personnes veulent toujours abuser de moi »…).

L’une des croyances répandues consiste à penser que notre bonheur dépend de l’autre ou des circonstances extérieures, à sous-estimer le pouvoir du travail intérieur.

Nous avons souvent tendance à rester fixés à certaines expériences de vie douloureuses. Comme si certains événements insupportables ou non digérés nous engluaient et coloraient toutes nos expériences.

Comme le disent bien Rosette Poletti et Barbara Dobbs dans leur livre « lâcher prise », toutes les grandes traditions spirituelles insistent sur le fait que bien vivre, c’est pouvoir « lâcher prise », …

« L’être humain, chacun de nous, lutte de toutes ses forces pour s’accrocher à ce qui l’entoure. Il s’accroche à ses croyances, à ses façons de voir, à ses principes, à ceux qu’il aime, à ses biens, à sa santé, à ses œuvres, à sa sécurité. Il cherche à contrôler ceux qui l’entourent, à dominer les événements, à influencer le cours de son destin. Investi dans cette quête de contrôle, il perd le calme intérieur, il perd sa sérénité et met toute son énergie à nourrir l’illusion qu’un jour il parviendra à contrôler pleinement sa vie… »

Rosette Poletti et Barbara Dobbs dans « lâcher prise » éditions Jouvence.

Le temps de la thérapie

Combien de temps va durer ma thérapie?

 

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Se donner le temps

 

De nos jours, beaucoup de personnes s’inquiètent à l’idée d’entreprendre une thérapie et de « perdre des années à tourner en rond ». Il existe parfois des écueils dans la thérapie, des thérapies sans fin qui n’évoluent plus. Mais aussi, fréquemment, l’on rechigne à s’octroyer le temps de faire un travail sur soi. Aujourd’hui, il faut être rapide. « Avancer ». « Aller de l’avant »…L’on estime que le problème devrait être réglé rapidement, en quelques séances…L’on craint parfois qu’en parlant d’un passé traumatique, l’on y demeure englué …Les mutuelles ne remboursent en général pas davantage que huit séances, promouvant de la sorte l’idée d’un traitement rapide. La tendance sociétale dominante est au faire et non à l’être (voir l’article mode faire et mode être).

Il est important de ne pas se laisser trop mener par le productivisme ambiant. La pression à l’efficacité, trop vouloir se débarrasser d’un problème (comme la dépression, la boulimie, les troubles anxieux…) est contreproductif. Paradoxalement, le premier pas vers la libération est l’acceptation. Pour se libérer d’une difficulté psychologique, il faut accepter son état et se donner le temps de faire le travail émotionnel et relationnel nécessaire.

Les psychothérapeutes ne fixent en général pas à l’avance le temps d’une thérapie. Chaque thérapie est différente. Et la durée d’une thérapie sera fonction de la situation, de la demande et de l’investissement du patient. Et aussi de la relation thérapeutique qui aura été instaurée.

Dans la thérapie Rogérienne, le patient a son propre rythme de croisière, c’est lui qui mène la bateau. C’est lui aussi qui décide aussi de la fin du voyage

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