La dépendance

Dans la dépendance, dépendance affective ou dépendance à un produit, la personne s’appuie sur un élément extérieur à elle pour assurer sa sécurité intérieure.

Pour aider un patient à développer sa confiance en lui et son autonomie, les psychanalystes l’inviteront à revisiter son passé, à soigner, au travers du lien au psychothérapeute, les blessures affectives vécues dans l’enfance.

Les thérapeutes d’obédience cognitivo comportementale eux insistent sur le fait que la personne dépendante n’a pas appris à compter sur ses ressources, à se faire confiance, qu’elle s’est habituée à s’appuyer sur un élément extérieur à elle pour se rassurer.

Il n’est jamais trop tard pour découvrir et développer ses ressources intérieures.

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Guérir de la dépendance

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La sécurité de base

La confiance en soi est étroitement liée à notre histoire affective, à la façon dont nous avons été aimés et traités étant enfants.

L’amour maternel est vital, non seulement pour la survie physique du nourrisson mais aussi pour son équilibre psychique, pour la construction de sa personnalité. D’un état où il ne se différencie pas de sa mère, où il fusionne avec elle, le bébé va progressivement réaliser son identité propre. Des carences de soins ou au contraire, un excès de prévenance maternelle (la mère ne parvenant pas à lâcher son bébé, le couvant excessivement, l’empêchant de faire l’expérience structurante du manque) entravent l’autonomisation.

L’amour, des soins adéquats, l’attention de la maman  donnent à l’enfant  une « sécurité de base », capital confiance qui l’accompagnera tout au long de sa vie et lui permettra d’affronter plus sereinement les épreuves.

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Mieux vaut seul que mal accompagné

« Mieux vaut seul que mal accompagné » nous dit Pierre Gringoire, poète et dramaturge français du XV ème siècle. L’adage, bien connu de tous, n’est pas toujours facile à appliquer!

La solitude fait peur et nous sommes nombreux à la redouter et à la fuir.

Comment se développe la capacité à être seul?

Tout d’abord, dans l’enfance. Du bébé au jeune adulte, devenir autonome est un long apprentissage, non sans écueils.

Winnicott, pédiatre et psychanalyste anglais, s’est beaucoup intéressé à la question de la solitude et de la dépendance, notamment dans son livre « la capacité d’être seul ». Certains adultes s’écroulent quand l’autre n’est plus là, parfois même physiquement (ils tombent ou ont la sensation de tomber).

Pour Winnicott, la capacité d’être seul s’enracine dans le fait d’avoir pu bénéficier dans la prime enfance d’un environnement suffisamment stable, aimant, rassurant. Pour accéder à une certaine autonomie, il faut que l’enfant ait eu « une mère suffisamment bonne ». Dans son livre (la capacité d’être seul), il parle du fait pour le jeune enfant de pouvoir être seul (avoir ses propres activités, sa propre vie psychique) en présence de la Maman. Cette capacité ne se développe qu’en présence d’une Maman suffisamment aimante et rassurante.

Mais rien n’est jamais perdu! Pour les adultes, quand solitude rime avec désespérance, sentiment de non existence, abandon…une psychothérapie peut aider à réparer les blessures affectives de l’enfance.

La thérapeute peut faire office de « mère suffisamment bonne », offrir au patient un cadre rassurant, une présence fiable et bienveillante qui aidera la personne à apprivoiser l’angoissante solitude.

shutterstock_126133007 La capacité d’être seul s’enracine, selon Winnicott (et bon nombre d’auteurs), dans la prime enfance.

Mode faire – Mode être

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Dans notre société contemporaine, le « mode faire » est particulièrement valorisé. L’efficacité et la productivité sont de mises. Nous expérimentons tous régulièrement le mode « faire ». Par exemple, quand nous nous levons le matin, il faut se dépêcher, se préparer et préparer les enfants, s’habiller, s’occuper du petit déjeuner, du pique-nique de Nathalie, prendre la voiture, conduire nos petits chéris à l’école, poster la lettre pour l’assurance, payer une facture, etc. Et tout cela, dans les temps.

Le mode « faire » est nécessaire, mais il constitue aussi un piège. Nous pouvons très rapidement tomber dans un mode de fonctionnement « liste des tâches » où seule compte la productivité et l’efficacité ; où ce qui importe, c’est d’accomplir nos devoirs. Où nous ne sommes plus que dans le « faire ».

Le risque, si le mode « faire » prend toute la place, c’est de ne plus avoir le temps d’être, de nous ressourcer, d’être en contact avec nous-mêmes.

Le burn-out, affection actuelle bien connue et très répandue, est un déficit du « mode être ». Pour notre équilibre mental et physique, prendre des pauses pour se ressourcer, se relâcher, se faire plaisir, ressentir, c’est indispensable.

Etre en « mode faire » n’est pas un synonyme d’être en action, être en mode faire, c’est être déconnecté de l’ici maintenant, des sens. En mode faire, nous fonctionnons souvent en « pilotage automatique ». Nos gestes se font automatiquement, dirigés par notre inconscient. Le pilotage automatique nous permet de gagner beaucoup d’énergie. Si nous devions être attentif et penser chacun de nos gestes dans des activités comme conduire une voiture, rouler à vélo ou ranger le frigo, nous serions épuisés à la fin de la journée. Mais le pilotage automatique nous empêche aussi de goûter pleinement à l’expérience de la vie. Quand nous sommes en « mode faire », nous sommes peu  présents, peu en contact avec nos sens.

Le « mode être », c’est le fait d’être présent et ouvert à ce qui se passe réellement, à l’expérience telle qu’elle se présente dans l’ici maintenant.

Toutes les techniques contemplatives (sophrologie, hypnose, mindfulness…) nous permettent de faire une « pause ressourcement », de passer en « mode être ». Un petit peu comme si nous tournons le bouton d’une radio, nous changeons de mode…