Etes-vous accro au regard de l’autre?

Dans leur livre « l’estime de soi », François Lelord et Christophe André font une classification intéressante de l’estime de soi.

  • Estime de soi basse et stable
  • Estime de soi basse et instable
  • Estime de soi haute et stable
  • Estime de soi haute et instable

Les personnes à estime de soi basse et stable ont toujours le même sentiment de non valeur, en dépit de leurs succès et de ce qui peut leur arriver de positif et de gratifiant.  Elles ne sont sensibles qu’aux événements qui les confortent dans l’idée de ne pas être à la hauteur. Elles acceptent difficilement compliments, cadeaux et amour. Ce sont typiquement des personnes qui ont vécu des carences affectives dans l’enfance.

Les personnes à estime de soi basse et instable ont un regard fluctuant sur elles-mêmes. Leur auto-estime est très influencée par les succès et par le regard des autres. Elles sont dans une dépendance au regard d’autrui et risquent de s’effondrer à la moindre critique. Elles mettent beaucoup d’énergie à gagner la considération d’autrui.

Les personnes à estime de soi haute et instable sont moins sûres d’elles qu’il n’y paraît à première vue. Ce sont souvent des personnes arrogantes qui ont besoin de gagner ou de dominer pour se rassurer. Face à la critique ou confrontées à un échec, elles peuvent soudain perdre leur aplomb, se montrer tendues et agressives. Elles consacrent beaucoup d’énergie à se promouvoir aux yeux d’autrui.

Les personnes à estime de soi haute et stable sont des personnes convaincues de leur propre valeur. Les succès, les jugements d’autrui, ont une influence limitée sur leur auto-estime. Ces personnes sont évidemment plus armées pour faire face aux inévitables échecs ou désillusions de la vie.

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La grande illusion de la minceur

Les personnes boulimiques considèrent souvent que la minceur est la panacée. Elle apporterait confiance en soi, succès, aisance relationnelle…Le surpoids est vécu comme étant la cause de tous les maux. Grossir devient une hantise. Etre gros signifie être quelqu’un de pas bien : un fainéant, un mou, un qui se laisse aller, un qui va être rejetté …

Il est toujours intéressant de se demander quels fantasmes se cachent derrière la peur de devenir gros : certains thèmes reviennent souvent, comme la peur de se noyer, de se distendre, de perdre ses limites. Ou la peur du jugement et des moqueries. Derrière la peur de la grosseur, on trouve toujours des difficultés relationnelles.

Plus la boulimie s’aggrave, plus la personne s’accroche à son combat. Contrôler son alimentation, respecter scrupuleusement le programme alimentaire (le moindre écart mène à la crise de boulimie) devient presque une question de vie ou de mort. Réussir à suivre son régime apparaît comme l’unique issue.

En thérapie stratégique, on dirait que « le problème, c’est la solution ». Le problème, c’est cette croyance que le contrôle, la lutte volontaire pour restreindre son alimentation, est la solution. Qu’elle va amener à la minceur et que la minceur, c’est le bonheur. Moins la lutte volontaire fonctionne, plus, néanmoins on y a recours, désespéremment, et de plus en plus fort.

« Il est dangereux de s’attacher à une idée du bonheur parce-qu’alors on est l’esclave de cette idée. Le bonheur peut venir à vous de mille façons différentes si seulement vous le laissez faire. Mais si vous êtes attaché à une seule idée du bonheur, vous êtes piégé. Le bonheur ne peut plus venir à vous parce que vous avez décidé que cette seule voie du bonheur était la bonne »  (Thich Nhat Hanh dans « l’art du pouvoir »)

Neuf clés pour développer l’estime de soi

Dans leur livre « l’estime de soi », Christophe André et François Lelord donnent neuf clés pour faire évoluer l’estime de soi

  •  Clé 1 : se connaître (identifier ses qualités et ses limites)
  • Clé 2 : s’accepter
  • Clé 3 : être honnête avec soi-même (Pour protéger son estime de soi, on a parfois tendance à se mentir sur ce que l’on ressent vraiment)
  • Clé 4 : agir (poser des actes qui rendent content de soi)
  • Clé 5 : faire taire le critique intérieur
  • Clé 6 : accepter l’échec (l’échec fait partie de la vie et l’on peut en tirer des enseignements)
  • Clé 7 : s’affirmer
  • Clé 8 : être empathique
  • Clé 9 : s’appuyer sur le soutien social

(extrait de Christophe André et François Lelord éd. Odile Jacob « L’estime de soi » « S’aimer pour mieux vivre avec les autres »)


Stress & anxiété

Face à la menace, notre organisme se met en état d’alerte. Cette réaction de l’organisme, cette mise sous tension, s’appelle le stress.

Le stress nous permet de mieux réagir en situation de danger. Mais si notre organisme est perpétuellement et trop longtemps sous tension, il s’épuise et s’affaiblit.

Ce qui est stressant pour une personne ne l’est pas forcément pour une autre.
Beaucoup de nos peurs sont en rapport avec nos expériences infantiles. Nous avons tendance à répéter les situations vécues pendant l’enfance.

Ainsi, une personne surprotégée pendant l’enfance aura tendance à considérer que le monde est dangereux et à ne pas prendre certains risques. Un enfant abandonné aura tendance, adulte, à voir en toute personne qui s’intéresse à elle un risque d’abandon…

Tout au long de l’enfance, nous avons développé des croyances sur nous-mêmes et sur le monde qui nous entoure. Nous pouvons identifier les croyances héritées de l’enfance et par la thérapie, nous libérer de certaines limitations du passé.

Quand nos croyances nous handicapent plus qu’elles ne nous aident, il est temps de réagir. Il existe différents moyens non-médicamenteux pour se libérer d’une anxiété pathologique  : psychothérapies, sophrologie, méditation…A chacun de trouver la voie qui lui convient…

Confiance & relation

Beaucoup de personnes disent avoir confiance en elles quand elles sont seules. Elles ont alors confiance en leurs capacités, en leur intelligence, en leurs compétences éducationnelles, …

Mais il suffit qu’un quidam les remette un peu en question pour qu’elles perdent leur aplomb et se mettent à douter de capacités qui leur semblaient acquises …

Ceci souligne bien l’aspect affectif de la confiance en soi.

Des peurs relationnelles ébranlent la confiance.

Face à l’autre, elles nous font soudain nous sentir tout petit.

Sans l’autre, « je » n’existe pas.

Les racines de l’estime de soi : les toutes premières relations 

Caroline, une femme  d’une trentaine d’années, se plaint de ne pas se sentir exister.

« C’est quoi, ne pas se sentir exister ? ».

Caroline : « c’est difficile à expliquer, ne pas se sentir exister, c’est surtout ne pas oser être soi dans la relation, c’est paniquer dans la relation…Et puis aussi, c’est se sentir vide… »

Caroline a été abandonnée quand elle était enfant. Elle est encore hantée par l’abandon de sa mère.

Selon Winnicott, pédiatre anglais, le sentiment d’identité se construit à partir des soins reçus de la mère. Au début, l’enfant ne différencie pas le soi du non soi, il ne se vit pas comme un être séparé des autres. Il se sent en morceaux, habité par des « pulsions » qui le tiraillent dans tous les sens. C’est progressivement qu’il va acquérir le sens de son identité. S’il reçoit des soins appropriés de sa mère, si la mère est « suffisamment bonne », il passe par un stade de « pensée magique », un stade où il se sent tout puissant. Cette illusion le renforce. Elle stimule ses capacités mentales et lui permettra, plus tard, d’acquérir davantage d’autonomie et de construire une identité solide.

Les enfants confrontés à des carences (abandons, soins inappropriés…) ont souvent une fragilité intérieure : ils s’affirment difficilement et se débattent avec des sentiments de de non valeur  ou de vide. Dans la relation, ils ont souvent peur de l’abandon et ont un besoin énorme d’être rassurés. Ils développent « un faux-self » : ils s’hyperadaptent aux besoins du milieu (en s’oubliant eux-mêmes). Le vrai self est dissimulé pour être protégé. On dit que le self est « clivé ».

D’où vient le sentiment de sa propre valeur ?

Il vient de la façon dont nous avons été aimés et considérés étant enfants. Il vient aussi de la façon dont nos parents se considéraient eux-mêmes. L’enfant en effet se construit en s’identifiant et en se contre-identifiant à ses parents et à l’entourage qui prend soin de lui.

Les psychanalystes ont beaucoup étudié les tous premiers moments de la vie, celui où l’enfant se vit progressivement et de plus en plus comme un être distinct et unifié. Ils ont décrit toute une série de phénomènes dans la construction de l’identité : introjection, incorporation, identification, projection…Nous nous construisons à travers nos parents et notre entourage proche, en imitant, en intériorisant et en rejetant des aspects de l’autre.

Identification introjective : appropriation des qualités ou attributs positifs perçus en l’autre. Ce mécanisme permet la construction de l’identité et de l’estime de soi.

L’enfant s’approprie aussi les « côtés mauvais » de ses parents et de son entourage. Il s’identifie alors au mauvais et se vit  comme étant un mauvais.